TRO CONTEN
Ses deux podiums sur le Tour de France (2007 et 2008), derrière Contador puis Sastre, et sa stratégie de course avaient imposé à Evans l'étiquette d'un coureur incapable d'attaquer et privé du sens de la gagne. En moins de treize kilomètres, ceux du dernier tour, le leader de Silence-Lotto a balayé une bonne part des critiques. Pendant 240 kilomètres, comme tous les prétendants au podium (Valverde, Cunego, Gilbert, Cancellara), il a attendu son heure, laissant les outsiders lancer des attaques vouées à l'échec. Il a ensuite pris le bon wagon quand Fabian Cancellara a lancé la grande bagarre dans l'avant-dernier tour : tout en puissance, le Suisse a largué tous les sprinteurs (et les Français) dans le raidillon de l'Acqua Fresca avant de former un groupe d'ultra-favoris. Mais marqué sévèrement par les Espagnols (Valverde, Rodriguez et Sanchez), le champion du monde du contre-la-montre n'a pu s'échapper.
Le marquage entre Valverde (9e), Cancellara et Cunego (8e) a finalement profité à des coureurs apparemment moins dangereux dans le dernier tour : après une attaque neutralisée de Vinokourov à treize kilomètres du but, c'est finalement Cadel Evans qui a placé l'accélération décisive dans la dernière ascension (Torrazzo Di Novazzano), dans la côte où Eddy Merckx avait conquis le maillot irisé en 1971. Après l'avoir accompagné un temps, le Russe Alexandre Kolobnev (2e) et l'Espagnol Joaquin Rodriguez (3e), rescapé d'une attaque partie à plus de 100 km de l'arrivée, ont mis leur punch en berne et se sont contentés des places d'honneur pendant que Valverde et Samuel Sanchez (4e) préfèraient neutraliser Cancellara (5e).
